


Depuis le 18 mai 2026, la ville de Lorient teste un dispositif inédit en France : “Ker [care] Lorient”, un pass gratuit qui récompense les visiteurs venus en mobilité douce avec des réductions et avantages chez des partenaires locaux. Hôtels, restaurants, musées, activités… Le principe est simple : plus ton séjour est sobre et local, plus tu es récompensé. Et derrière ce “bon plan”, il y a surtout une vraie réflexion sur le tourisme de demain. On t’explique tout.
Le dispositif “Ker [care] Lorient” est testé par Lorient Bretagne Sud Tourisme entre le 18 mai et le 30 juin 2026. Son objectif ? Encourager les visiteurs à privilégier des mobilités plus sobres et des séjours plus longs.
Pour bénéficier du pass, plusieurs conditions doivent être respectées :

Vélo sur le chemin de Halage à Inzinzac-Lochrist - © LEZBROZ-LBST
Les visiteurs doivent également privilégier une mobilité douce :
Une fois ces critères remplis, il suffit de compléter un formulaire en ligne pour recevoir gratuitement son pass par mail !
Le pass permet ensuite d’accéder à des avantages chez les partenaires du dispositif.
Parmi les exemples déjà proposés :

Restaurant à l’île de Groix - © LEZBROZ-LBST
La plus ancienne bonneterie de Bretagne, Le Minor, propose par exemple sa visite guidée à 5 € au lieu de 10 €. Certains campings accordent également des réductions aux voyageurs arrivant à pied, à vélo ou en transports bas carbone.
Au total, une quarantaine d’établissements participent déjà à l’opération.
Mais au fond, Ker [care] Lorient ne cherche pas seulement à faire économiser quelques euros aux visiteurs. L’idée est surtout d’encourager une manière plus lente et plus locale de découvrir le territoire : prendre le train plutôt que la voiture, rester plus longtemps sur place, utiliser les mobilités locales, découvrir les commerces et activités du coin… Bref, ralentir un peu le rythme.

Catamaran sur la rade de Lorient à Port-Louis - © LEZBROZ-LBST
Le dispositif assume d’ailleurs totalement cette philosophie du “slow travel”. “Le tourisme responsable ne doit pas être perçu comme une contrainte, mais comme une expérience enrichie”, explique l’office de tourisme dans son communiqué.
Si cette initiative semble nouvelle en France, elle existe déjà ailleurs en Europe. Ker [care] Lorient s’inspire directement de “CopenPay”, un programme lancé à Copenhague pour récompenser les touristes adoptant des comportements plus responsables pendant leurs vacances.
Le Pass Ker [care] Lorient repose sur la même logique : récompenser les visiteurs adoptant des comportements plus responsables.
Le modèle danois a rencontré un vrai succès, avec des dizaines de milliers de participants et une forte visibilité internationale. Depuis, le réseau DestinationPay rassemble ou accompagne plusieurs destinations à travers le monde, dont Berlin, tandis que d'autres territoires explorent actuellement le modèle.
Lorient devient ainsi la première destination française à tester ce modèle.
Et c’est probablement ce qui rend cette initiative particulièrement intéressante. Pendant longtemps, le tourisme durable a surtout reposé sur des discours de sensibilisation ou des injonctions à “moins polluer”.
Ici, la logique est différente : on ne sanctionne pas les comportements les plus carbonés, on récompense les plus vertueux.

© T.ESNAULT-LBST
Autrement dit, le voyageur qui fait l’effort de venir en train ou de ralentir son rythme de voyage reçoit quelque chose en retour. Simple et malin. Parce qu’en réalité, beaucoup de voyageurs sont prêts à adopter des habitudes plus sobres, à condition que cela soit facile, valorisé et agréable.
Le plus intéressant dans cette initiative, c’est peut-être la place donnée au train. Pendant longtemps, le rail a surtout été présenté comme une alternative plus écologique à l’avion ou à la voiture. Mais ici, il devient carrément un avantage touristique.
Venir en train ne permet plus seulement de réduire son empreinte carbone, cela donne aussi accès à des réductions, à des expériences et à une autre manière de découvrir un territoire.

Vélo sur le Chemin de Halage du Blavet à Inzinzac-Lochrist - © T.ESNAULT
Et ça change beaucoup de choses. Parce qu’en récompensant les visiteurs venus en mobilité douce, une destination peut aussi encourager des séjours plus longs, attirer des voyageurs plus connectés au territoire, réduire la pression automobile, soutenir l’économie locale ou encore lisser la fréquentation hors saison.
“Le dispositif répond également à un enjeu de fond pour les destinations : faire évoluer les
comportements sans culpabiliser, en privilégiant l’incitation, la récompense et le plaisir de la
découverte. Ker [care] Lorient valorise ainsi les bons réflexes, tout en renforçant le lien entre visiteurs, habitants et professionnels du tourisme.” - Lorient Bretagne Sud
Bien sûr, Ker [care] Lorient reste pour l’instant une expérimentation limitée dans le temps. Mais le signal envoyé est intéressant.
Pendant longtemps, les politiques de tourisme durable ont surtout cherché à limiter les impacts négatifs du voyage. Avec des initiatives comme Ker [care] Lorient, une autre logique apparaît : rendre les mobilités plus sobres, plus attractives, plus désirables, et parfois même plus avantageuses.
Une initiative qu’on ne peut que féliciter ! À qui le tour ?

Issue du monde de la communication et des médias, Sophie est Responsable éditoriale chez HOURRAIL ! depuis août 2024. Elle est notamment derrière le contenu éditorial du site ainsi que La Locomissive (de l'inspiration voyage bas carbone et des bons plans, un jeudi sur deux, gratuitement dans ta boîte mail !).
Convaincue que les changements d’habitude passent par la transformation de nos imaginaires, elle s’attache à montrer qu’il est possible de voyager autrement, de manière plus consciente, plus lente et plus joyeuse. Son objectif : rendre le slow travel accessible à toutes et tous, à travers des astuces, des décryptages et surtout, de nouveaux récits.