


Le 18 juin 2026, un train un peu particulier quittait la gare Saint-Charles de Marseille en direction de Briançon. Son nom : Alpes Express. Son ambition : démontrer qu'il est possible de rejoindre les Alpes du Sud en seulement 3h40 depuis Marseille, soit plus d'une heure de moins que les temps de parcours actuels.
Cette circulation exceptionnelle n'avait pas vocation à inaugurer une nouvelle ligne commerciale. Elle visait avant tout à illustrer ce que pourrait devenir la desserte ferroviaire des Alpes du Sud dans les prochaines années, à l'approche des Jeux olympiques d'hiver 2030 organisés dans les Alpes françaises.
Derrière cette opération symbolique se cache en réalité l'un des projets ferroviaires les plus importants engagés dans le sud-est de la France depuis plusieurs décennies : moderniser la ligne afin de la rendre plus rapide, plus fiable et plus attractive pour les habitants comme pour les voyageurs.
Le 18 juin 2026, l'Alpes Express a relié Marseille à Briançon en 3h40 seulement, là où les TER réguliers mettent aujourd'hui généralement entre 4h45 et 4h50. Cette performance n'a pas été obtenue grâce à un nouveau train révolutionnaire, mais grâce à une exploitation spécifique de la ligne et à la suppression d'un certain nombre de contraintes qui ralentissent habituellement les circulations.
L'objectif était simple : montrer qu'un tel temps de parcours n'a rien d'utopique et qu'il pourrait devenir la norme si les investissements annoncés se concrétisent. Cette circulation exceptionnelle servait donc autant d'outil de démonstration que de projection vers l'avenir.
La liaison Marseille-Briançon constitue aujourd'hui l'un des principaux accès ferroviaires aux Alpes du Sud. Elle dessert notamment Aix-en-Provence, Sisteron, Gap, Embrun, Mont-Dauphin-Guillestre ou encore L'Argentière-les-Écrins avant d'atteindre Briançon, la plus haute préfecture de France.
Pour les habitants, cette ligne joue un rôle essentiel de désenclavement et de mobilité quotidienne. Pour les voyageurs, elle représente une porte d'entrée vers le Briançonnais, le Queyras, le Guillestrois ou encore le Parc national des Écrins.
Malgré cette importance stratégique, la ligne souffre depuis longtemps d'une infrastructure vieillissante, de limitations de vitesse et de nombreux ralentissements qui pénalisent les temps de parcours et la régularité.
Aujourd'hui, il faut généralement compter entre 4h45 et 4h50 pour relier Marseille à Briançon en train. L'ambition portée par l'État, la Région Sud et SNCF Réseau est désormais de faire circuler, à partir de 2030, deux allers-retours express quotidiens supplémentaires capables d'effectuer le trajet en 3h40.
Le gain de temps serait donc supérieur à une heure sur certains trajets. Au-delà du simple confort pour les voyageurs, un tel changement modifierait profondément la perception des distances dans les Alpes du Sud. Des déplacements qui nécessitent aujourd'hui une organisation importante pourraient devenir envisageables pour un week-end, un séjour court ou même certains déplacements professionnels.
Pour atteindre cet objectif, un important programme de modernisation doit être engagé sur l'ensemble de l'axe Aix-en-Provence-Briançon. Les annonces publiques évoquent plus de 520 millions d'euros d'investissements pour les mobilités alpines dans le cadre des Jeux olympiques d'hiver 2030, dont environ 340 millions consacrés au ferroviaire.
Ces financements doivent notamment permettre de moderniser les infrastructures, d'améliorer la signalisation, de supprimer certains points de ralentissement et de renforcer la robustesse globale de la ligne. L'objectif n'est pas uniquement d'accélérer les trains les plus rapides, mais aussi d'améliorer la régularité et la qualité de service de l'ensemble des circulations.

@epsilon_snaps
Les Alpes du Sud restent aujourd'hui moins bien desservies en train que de nombreuses destinations des Alpes du Nord. Réduire le trajet Marseille-Briançon à 3h40 permettrait de rendre la montagne plus accessible à celles et ceux qui souhaitent voyager sans voiture, que ce soit pour un week-end de randonnée, quelques jours de ski ou des vacances plus longues.
Une telle amélioration pourrait également encourager davantage de visiteurs à privilégier le train plutôt que la route, notamment depuis Marseille, Aix-en-Provence ou l'ensemble du littoral méditerranéen.
Pendant longtemps, les débats sur les transports dans les Alpes ont essentiellement porté sur les infrastructures routières. L'Alpes Express raconte une autre histoire : celle d'un territoire qui choisit également d'investir dans le ferroviaire pour accompagner son développement et préparer l'avenir.
Même si le projet reste encore à concrétiser, la circulation du 18 juin 2026 a eu le mérite de rendre cet objectif tangible. Pour la première fois, les habitants et les voyageurs ont pu voir qu'un Marseille-Briançon en 3h40 n'était plus seulement une promesse politique, mais une possibilité techniquement démontrée.
Le 18 juin 2026, l'Alpes Express n'a circulé qu'une seule journée. Pourtant, cette circulation exceptionnelle pourrait bien marquer un tournant pour les mobilités dans les Alpes du Sud. Car la question n'est plus vraiment de savoir si un Marseille-Briançon en 3h40 est techniquement possible : la démonstration a déjà été faite. La véritable interrogation est désormais de savoir à quelle vitesse cette expérimentation pourra se transformer en service du quotidien pour les habitants et les voyageurs. À suivre, donc…
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Issue du monde de la communication et des médias, Sophie est Responsable éditoriale chez HOURRAIL ! depuis août 2024. Elle est notamment derrière le contenu éditorial du site ainsi que La Locomissive (de l'inspiration voyage bas carbone et des bons plans, un jeudi sur deux, gratuitement dans ta boîte mail !).
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