

Tu rêves de glaciers, de vallées encaissées et de nuits sous les étoiles… mais tu n’as pas de voiture ou tu préfères y aller en train ? Bonne nouvelle : le Parc national des Écrins, niché au cœur des Alpes françaises entre Isère et Hautes-Alpes (entre Grenoble, Gap, Briançon et l’Oisans), c’est de la haute montagne dans ce qu’elle a de plus spectaculaire : sommets mythiques, biodiversité rare, vallées sauvages, culture alpine… et une partie est accessible en train + bus !
Alors, si tu te demandes jusqu’où tu peux aller sans volant (et avec des chaussures de rando), tu es au bon endroit. On t’explique ici tout ce que tu dois savoir pour préparer ton séjour au Parc national des Écrins : comment aller dans les Écrins en train et bus, les réglementations incontournables à respecter au cœur du parc (et pourquoi elles sont essentielles), où et comment dormir en refuge, et bien sûr : quoi faire, où aller, et comment en profiter à fond sans voiture. Suis le guide.
Créé en 1973, le massif protège près de 93 000 hectares en “cœur de parc”, au milieu de 7 vallées alpines. Ici, tu passes en quelques kilomètres d’adrets méditerranéens côté Embrunais à l’univers glaciaire de la Barre des Écrins (4102 m), point culminant du parc. On y trouve environ 2 400 espèces végétales (dont plus de 200 sont considérées comme rares ou menacées) et une faune très riche : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, insectes… bref, un vrai laboratoire du vivant à ciel ouvert.
Le territoire est organisé en deux grandes zones :
Il n’existe pas de gare “Parc national des Écrins” directement. En revanche, il existe plusieurs gares portes d’entrée autour du massif, puis des réseaux de bus et de navettes qui t’emmènent dans les vallées.
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© Destination Parc national des Écrins (destination.ecrins-parcnational.fr)
Autour du massif, plusieurs gares SNCF jouent le rôle de hubs :
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© Destination Parc national des Écrins (destination.ecrins-parcnational.fr)
En pratique : tu viens en train jusqu’à une de ces gares, puis tu prends un bus ou une navette pour remonter la vallée qui t’intéresse. Sauf avec la gare de l'Argentière-Les-Ecrins qui te permet de sortir du train et de partir randonner directement (et si tu n’aimes pas le dénivelé, il y a aussi des navettes qui t'amènent plus haut). Plus d’infos ici.
La desserte ferroviaire s'arrête en fond de vallée, ce sont les bus qui font le lien avec la montagne.
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© Destination Parc national des Écrins (destination.ecrins-parcnational.fr)
En résumé, le combo gagnant pour explorer les Écrins sans voiture : train jusqu’à la gare la plus proche + bus ou navette jusque dans ta vallée.
Avant d’acheter ton billet, prends le temps de préparer ton trajet :
“Ok, et sans voiture, je fais quoi ?” Voici quelques idées de secteurs où tu peux débarquer en train + bus et profiter de la montagne.
Train jusqu’à L’Argentière-les-Écrins, puis bus et navettes vers les villages de la Vallouise et les sites d’altitude (Pelvoux, Pré de Madame Carle) selon la saison.
Immersion au cœur du village d’alpinisme Vallouise-Pelvoux, camp de base historique pour l’alpinisme, l’escalade et la rando. Le hameau d’Ailefroide, habité l’été, sert de base de départ vers des refuges mythiques (Écrins, Sélé, Glacier Blanc, Pelvoux, Bans…).
Depuis le Pré de Madame Carle, tu peux t’approcher des glaciers Blanc et Noir par des sentiers balisés, observer les géants de glace, voire si tu es encadré·e ou expérimenté·e, pousser plus loin vers la haute montagne !
Si tu as plusieurs jours devant toi, tu peux faire une boucle sur plusieurs jours, comme ce tour des refuges en Vallouise en 4 jours, ou même ce tour du Pays des Écrins en 3 jours (qui débute directement à la gare sans navette supplémentaire).
Train jusqu’à Gap puis bus régional jusqu’à la vallée du Champsaur–Valgaudemar, puis navettes estivales pour monter plus haut dans la vallée (notamment les navettes du Valgaudemar entre St Firmin - La Chapelle et La Chapelle - Le Gioberney, selon périodes et lignes en vigueur).

En vadrouille dans le Valgaudemar - © Ariane Fornia, Parc national des Ecrins
La Chapelle-en-Valgaudemar est l’un des 7 Villages d’alpinisme. Il est situé dans la vallée du Valgaudemar, surnommé parfois le “petit Himalaya” pour son encaissement et ses sommets à plus de 3000 m. Tu peux rayonner à la journée ou en itinérance vers plusieurs refuges : Gioberney, Olan, Vallonpierre, Clot Xavier Blanc, Pigeonnier, Charbounéou, Souffles…
Bref : torrents, parois verticales, grands glaciers au-dessus de la vallée… Et tout ça, sans voiture !
Si tu as quelques jours devant toi, tu peux par exemple découvrir le Tour du Vieux Chaillol, ou encore la boucle du Tour des refuges en Valgaudemar en 4 jours.
Train jusqu’à Grenoble ou Briançon, puis bus régionaux (lignes express type Zou 55 ou 69 / T75 selon saisons) qui franchissent le col du Lautaret et desservent La Grave et Villar-d’Arène.

Randonnée au départ de Villar d'Arène - © Thibaut Blais, Parc national des Ecrins
Sur place : tu es dans deux villages d’alpinisme emblématiques, au pied de la Meije. Un téléphérique t’emmène vers les glaciers, et de nombreux sentiers partent vers des refuges d’altitude (Golèon, Pic du Mas de la Grave, Fay, Mouterres, Clots, Évariste Chancel…).Le bus Zou 55 Grenoble-Briançon dessert le col du Lautaret à 2058 m. De là, tu peux partir en randonnée à proximité directe du cœur de parc (et en profiter pour visiter le fameux Jardin botanique du Lautaret) !
Bref, le terrain parfait pour alterner randos, découverte du patrimoine montagnard, et pourquoi pas une initiation à l’alpinisme encadrée.
Train jusqu’à Grenoble, bus jusqu’à Bourg d’Oisans, puis lignes spécifiques qui remontent la vallée du Vénéon jusqu’à Saint-Christophe-en-Oisans ou La Bérarde selon la saison (plus d’infos ici).

Arrivée en vue du refuge de l'Alpe du Pin - © Kinaphoto, Parc national des Écrins
Saint-Christophe-en-Oisans s’étend sur une grande partie du cœur des Écrins. Tu peux visiter le musée “Mémoires d’alpinismes”, rencontrer des guides, et partir vers une ribambelle de refuges (Selle, Soreiller, Lavey, Alpe du Pin…). La Bérarde, “hameau du bout du monde”, marque la fin de la route (après, c’est à pied !).
Une fois que tu as mis un pied dans le massif, dormir là-haut est souvent ce qui transforme le séjour en vraie expérience de montagne.
Le Parc national des Écrins compte une quarantaine de refuges environ, dont certains sont labellisés Esprit parc national (un label qui met en avant les structures engagées dans une démarche environnementale et de valorisation du territoire).

Déjeuner bien mérité au refuge du Pigeonnier dans le Valgaudemar - © Thibaut Blais, Parc national des Écrins
Quelques réalités à avoir en tête :
En bref : un refuge, ce n’est pas un hôtel. C’est un “navire en mer” dont le gardien ou la gardienne est le capitaine. Tu viens pour l’expérience collective, la frugalité, et bien sûr le lever de soleil sur les sommets.
Et pour retrouver tous les refuges du Parc National des Écrins, tu peux consulter cette carte interactive des refuges.

Carte des refuges - © Parc national des Écrins
Le bivouac fait rêver : ta tente face aux sommets, le lever du soleil sur un lac d’altitude… Mais dans le cœur du Parc national des Écrins, les règles sont très claires :
Sur certains sites très fréquentés, comme le lac de la Muzelle ou le lac du Lauvitel, des zones de bivouac obligatoires sont définies pour limiter le piétinement.
À proximité de refuges, l’approche à avoir est différente selon les équipements et possibilités sur place. Il faut demander au gardien (par téléphone en amont ou en se présentant quand tu arrives) les modalités sur place. Parfois, il est possible de dormir près du refuge, utiliser les commodités et même prendre ses repas au refuge (seulement sur réservation), et parfois non.
Sur les grands itinéraires de randonnée, il est parfois possible de bivouaquer à moins d'une heure des parkings (mais cela vaut surtout pour les randonneurs en itinérance qui arrivent de loin).
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Le ou la gardienne de refuge, incontournable à contacter (par mail ou souvent par téléphone) pour savoir ce est possible à proximité d'un refuge - © Thibaut Blais, Parc national des Écrins
Tu peux aussi alterner bivouac, refuges et gîtes d’étape sur une itinérance longue type GR54 (Grand Tour de l’Oisans et des Écrins), pour gérer les douches, la météo et le ravitaillement.
Les règles du parc ne sont pas là pour nous embêter mais pour que les Écrins restent un espace vivant, sauvage et naturel, où l’on pourra revenir dans 10, 20 ou 30 ans.
En altitude, la vie se bat avec des hivers longs, des sols pauvres ou encore des changements rapides liés au climat.C’est justement cette richesse de milieux et d’espèces qui a motivé la création du Parc national, et qui impose de limiter notre impact.
Le Parc a développé une campagne “Les bonnes pratiques à connaître pour découvrir la montagne” qui traduit les règles en gestes concrets. En résumé, dans le cœur du parc :
Bref, chaque fois qu’on se demande “pourquoi c’est interdit ?”, la réponse est presque toujours faune, flore, sols, sécurité (ou les quatre à la fois !).

La réglementation en un panneau - © Ariane Fornia, Parc national des Écrins
Une sortie réussie se joue souvent la veille (ou même chez toi avant de partir prendre ton train !) :
C’est ce qui te permettra de profiter à fond, sans te mettre en difficulté ni mobiliser les secours pour rien. Pour plus d’infos, rendez-vous sur cette page.
Au-delà des sommets, le Parc national des Écrins, c’est aussi des villages qui font vivre une culture de montagne très forte.
Les 7 Villages d’alpinisme mettent en avant une histoire liée à l’alpinisme, un patrimoine architectural et paysager préservé, et une volonté de promouvoir une pratique responsable et ancrée localement, qui a fait une grande partie de l'histoire du massif.
Ces sept villages sont :
Chacun propose :

Arrivée à la gare SNCF de l'Argentière-les-Écrins, prêt à partir marcher ! - © Thibaut Blais, Parc national des Écrins
Parcourir le Parc national des Écrins sans voiture, c’est accepter une chose : c’est un peu plus lent, mais tellement plus intense. Ici, la haute montagne se mérite. Tu as maintenant les clés pour préparer ton séjour :
Bref : ici, tu ne viens pas juste randonner. Tu viens apprendre une autre manière d’être dans la montagne. Plus sobre, plus consciente, plus humble… Mais tellement plus belle.
Cet article a été rédigé en collaboration avec le Parc national des Écrins. Pour aller plus loin, rendez-vous sur destination.ecrins-parcnational.fr !

Issue du monde de la communication et des médias, Sophie est Responsable éditoriale chez HOURRAIL ! depuis août 2024. Elle est notamment derrière le contenu éditorial du site ainsi que La Locomissive (de l'inspiration voyage bas carbone et des bons plans, un jeudi sur deux, gratuitement dans ta boîte mail !).
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