


Tu as peut-être déjà vécu cette situation. Tu cherches un trajet en train entre Paris et Rome sur SNCF Connect : aucun résultat satisfaisant. Tu ouvres alors une autre plateforme de réservation et, cette fois, le voyage apparaît en quelques secondes, avec une simple correspondance à Milan. Alors, pourquoi certains trajets en train restent-ils si difficiles à réserver ? Est-ce uniquement un problème de SNCF Connect ? Ou le symptôme d'un système ferroviaire européen encore très fragmenté ?
La question est plus que jamais d'actualité. Depuis plusieurs semaines, le sujet s'invite au cœur des débats, aussi bien à Bruxelles qu'en France. Après la présentation, le 13 mai dernier, du Passenger Package par la Commission européenne, plusieurs ONG, dont le Réseau Action Climat et Transport & Environment (T&E) ont salué une réforme qu'elles considèrent comme une avancée importante pour les voyageurs, tout en estimant qu'elle ne résoudra pas tous les obstacles rencontrés aujourd'hui. En parallèle, le Sénat a adopté en première lecture la loi-cadre sur les transports qui prévoit une obligation d’affichage sur SNCF Connect de tous les trains qui circulent en France, même si ceux-ci sont opérés par des concurrents du groupe SNCF. Le texte est en cours d’examen à l’Assemblée Nationale.
Et derrière ces débats techniques se cache une question très concrète : comment rendre le train aussi simple à réserver que l'avion lorsqu'un voyage implique plusieurs compagnies ferroviaires ? Pour comprendre les enjeux de cette réforme, il faut d'abord revenir sur ce qui complique aujourd'hui la réservation des trajets internationaux.
C'est sans doute l'un des exemples les plus parlants. Tu souhaites partir de Paris pour Rome en train. En théorie, rien de plus simple : plusieurs itinéraires permettent de rejoindre la capitale italienne en une dizaine d'heures, avec une seule correspondance à Milan.
Pourtant, selon la plateforme utilisée (SNCF Connect, Trainline, Rail Europe ou d'autres), tu n'obtiendras pas forcément les mêmes résultats. Certaines te proposeront le voyage de bout en bout, tandis que d'autres n'afficheront qu'une partie de l'itinéraire, voire aucun résultat. Cela ne signifie pas forcément que l'une "cache" volontairement certains trains. Chaque plateforme a simplement accès à un périmètre d'offres différent, en fonction des accords commerciaux conclus avec les opérateurs et de ses propres capacités techniques.
Le problème n'est donc pas toujours l'absence de trains. Bien souvent, le voyage existe déjà. Ce qui manque, c'est un moyen simple de retrouver l'ensemble des billets nécessaires et de les acheter dans de bonnes conditions. Le même constat vaut pour de nombreuses destinations européennes, comme Madrid, Naples, Venise ou Séville. C'est justement ce paradoxe qui est aujourd'hui au cœur des débats européens et français.
À première vue, cela peut sembler paradoxal. Après tout, les compagnies aériennes sont elles aussi nombreuses et concurrentes. Pourtant, réserver un vol avec correspondance est généralement beaucoup plus simple que réserver un trajet ferroviaire équivalent.
L'une des principales explications tient à l'histoire des deux secteurs. Depuis plusieurs décennies, le transport aérien s'appuie sur des systèmes de réservation largement interconnectés. Le rail européen, lui, s'est historiquement développé autour de réseaux nationaux, chacun avec ses propres outils de réservation et ses propres règles commerciales.
L'ouverture progressive du marché à la concurrence a encore renforcé cette complexité. Les plateformes doivent désormais agréger les offres de nombreux opérateurs, comme Trenitalia, Renfe ou European Sleeper, qui ne fonctionnent pas tous de la même manière.
Résultat : aucune plateforme ne référence aujourd'hui l'ensemble des trains européens. Derrière ce qui ressemble à un simple problème de recherche se cachent donc des enjeux techniques, commerciaux et réglementaires bien plus complexes qu'il n'y paraît.
Psst… Si tu cherches une solution simple pour agréger toutes les options des différentes compagnies en un clic, n’hésite pas à jeter un œil à notre application !
C'est précisément pour répondre à ces difficultés que la Commission européenne a présenté, le 13 mai dernier, son Passenger Package, un vaste projet de réforme destiné à faciliter les voyages en train à travers l'Europe.
Parmi les principales mesures figurent la création d'un véritable billet unique pour les trajets achetés en une seule transaction, ce qui permet de renforcer les droits des voyageurs en cas de correspondance ratée, ainsi que de nouvelles obligations pour les plateformes de réservation et les opérateurs ferroviaires afin de faciliter la vente de billets multi-opérateurs.
Ces difficultés sont dénoncées depuis plusieurs années par les associations de voyageurs, les ONG et une partie du secteur ferroviaire, qui appellent à mieux coordonner la distribution des billets et les droits des passagers.
👉 Tu souhaites comprendre précisément le fonctionnement du Passenger Package (billet unique, nouvelles obligations, calendrier européen…) ? Nous l'avions décrypté en détail lors de son annonce :

Article
Billet unique européen : l’UE veut-elle enfin mettre fin au casse-tête du train international ?
Mais depuis, le débat a pris une nouvelle dimension. Plusieurs analyses publiées par le Réseau Action Climat et l'ONG européenne Transport & Environment (T&E) saluent une réforme qui constitue une avancée importante pour les droits des voyageurs, tout en estimant qu'elle ne permettra pas, à elle seule, de résoudre tous les problèmes de réservation rencontrés aujourd'hui. Ces travaux alimentent désormais les discussions en cours au Parlement européen, mais aussi en France, où l'Assemblée nationale examine actuellement la loi-cadre sur les transports.
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Selon T&E, le Passenger Package améliorerait les droits des voyageurs, mais tous les trajets ne seraient pas réservables sous la forme d'un billet unique sur toutes les plateformes. Les droits continueraient donc à dépendre, dans certains cas, du site utilisé pour réserver, créant une inégalité de fait entre les différents passagers.
Selon T&E, le Passenger Package améliorerait les droits des voyageurs, mais tous les trajets ne seraient pas réservables sous la forme d'un billet unique sur toutes les plateformes. Les droits continueraient donc à dépendre, dans certains cas, du site utilisé pour réserver.
La vraie question n'est donc plus seulement de savoir ce que prévoit cette réforme, mais si elle permettra réellement de rendre les voyages en train plus simples à réserver. Au fond, toutes les discussions actuelles tournent autour de la même question : comment faire en sorte que réserver un train entre plusieurs pays devienne aussi simple que réserver un vol avec correspondance ?
S'il y a une mesure qui fait presque consensus, c'est bien celle-ci. Aujourd'hui, lorsque tu combines plusieurs compagnies ferroviaires au cours d'un même voyage, selon comment tu as acheté tes billets, tu peux te retrouver sans véritable protection en cas de retard.
Prenons un exemple. Tu voyages de Paris à Rome avec un TGV de SNCF Voyageurs jusqu'à Milan, puis un train de l’entreprise Italo jusqu'à Rome. Si ton premier train arrive en retard et que tu manques ta correspondance, tu peux aujourd'hui être contraint d'acheter un nouveau billet au dernier moment, voire de payer une nuit d'hôtel si le prochain train ne part que le lendemain.
Avec le Passenger Package, lorsqu'un trajet impliquant plusieurs opérateurs est acheté sous la forme d'un billet unique en une seule transaction (le billet unique étant un type de contrat de transport, et non une nouvelle plateforme de réservation), les voyageurs bénéficieraient de nouveaux droits harmonisés dans toute l'Union européenne. En cas de correspondance manquée indépendante de leur volonté, ils pourraient notamment être réacheminés sans surcoût, obtenir le remboursement ou une compensation selon les cas, et bénéficier d'une assistance (repas, rafraîchissements ou hébergement si nécessaire).
Transport & Environment parle même d'une « une avancée majeure pour la protection des droits des voyageurs ». L'organisation rappelle que ces nouvelles protections s'appliqueraient aussi bien aux trajets internationaux qu'aux voyages nationaux impliquant plusieurs opérateurs.
Autrement dit, la réforme ne vise pas seulement à simplifier la réservation : elle cherche aussi à redonner confiance aux voyageurs qui hésitent encore à multiplier les correspondances.
Aujourd'hui
Tu peux déjà voyager de Paris à Rome avec une seule correspondance à Milan. Mais selon la plateforme utilisée et les accords entre opérateurs, il peut être difficile de réserver l'ensemble du trajet en une seule fois. Il arrive aussi que le voyage soit scindé en plusieurs billets distincts.
Si ton premier train est retardé et que tu manques ta correspondance, tu risques alors de devoir acheter un nouveau billet au tarif du jour, voire de financer toi-même une nuit d'hôtel.
Avec la réforme européenne
Si ce même voyage peut être acheté sous la forme d'un billet unique, tu bénéficierais d'une protection complète : réacheminement sur le prochain train disponible, hébergement sur place si le prochain train ne part que le lendemain, remboursement ou indemnisation selon les situations.
Le principal enjeu
Encore faut-il qu'une plateforme puisse effectivement vendre ce trajet sous la forme d'un billet unique. C'est précisément sur ce point que se concentrent aujourd'hui les débats.
C'est là que les avis commencent à diverger. Dans leurs analyses publiées fin juin, le Réseau Action Climat et Transport & Environment saluent tous deux les avancées proposées par la Commission européenne. Le premier parle d'une “excellente nouvelle pour les passagers”, tandis que le second décrit le Passenger Package comme “une avancée majeure pour les droits des voyageurs”.
Mais les deux organisations estiment aussi que ces nouveaux droits risquent de profiter à un nombre encore limité de voyageurs. Pourquoi ? Parce que ces protections ne s'appliqueraient qu'aux trajets pouvant être achetés sous la forme d'un billet unique. Or, pour cela, encore faut-il qu'une plateforme soit capable de vendre l'ensemble du voyage en une seule transaction.
Et c'est là que les deux organisations identifient une faiblesse du texte. La Commission européenne prévoit d'obliger les plateformes dominantes, comme SNCF Connect en France, à afficher ou vendre les billets des opérateurs concurrents lorsque leurs trains circulent au départ ou à l'arrivée du pays concerné. Cette mesure permettrait par exemple de rendre plus visibles plusieurs nouvelles liaisons opérées par Trenitalia, Renfe ou European Sleeper.
En revanche, selon le Réseau Action Climat, elle ne suffirait pas à rendre facilement réservables certains trajets avec correspondance vers l'Espagne ou l'Italie. Un Paris-Rome via Milan ou un Paris-Madrid via Barcelone pourraient ainsi rester difficiles à acheter sous la forme d'un billet unique, puisqu'une partie du voyage se déroule entièrement à l'étranger.
Autrement dit, la réforme améliorerait sensiblement la situation, mais sans résoudre tous les cas de figure. Ce choix n'est pas le fruit du hasard. La Commission européenne a choisi de concentrer ces nouvelles obligations sur les trains circulant au départ ou à l'arrivée du pays de la plateforme concernée. Une manière de limiter les contraintes imposées aux distributeurs nationaux, mais aussi un périmètre que le Réseau Action Climat et T&E jugent aujourd'hui trop restrictif pour faciliter réellement les grands voyages européens.
Pour étayer leurs analyses, le Réseau Action Climat et T&E ont chacun publié plusieurs études ces dernières semaines.
À l'échelle européenne, T&E estime que, même si les propositions de la Commission étaient adoptées en l'état, 43 % des alternatives ferroviaires aux 30 principales liaisons aériennes européennes resteraient impossibles ou difficiles à réserver sous la forme d'un billet unique sur les principaux sites des opérateurs ferroviaires. Autrement dit, près d'un trajet sur deux ne permettrait toujours pas aux voyageurs de bénéficier pleinement des nouveaux droits prévus par la réforme. C’est à peine mieux que la situation actuelle, comme le montre le graphique suivant.

Même après la réforme proposée par la Commission européenne, T&E estime que 43 % des principales liaisons ferroviaires internationales étudiées resteraient impossibles ou difficiles à réserver sous la forme d'un billet unique. Source : Transport & Environment, 2026.
Les conséquences peuvent être très concrètes. Selon les calculs de T&E, manquer une correspondance internationale entraîne en moyenne une hausse de 55 % du coût du voyage, soit 86 € supplémentaires en moyenne, sans même compter une éventuelle nuit d'hôtel. L'organisation cite notamment le cas d'un voyageur reliant Séville à Paris, contraint de débourser 69 € pour un nouveau billet entre Madrid et Barcelone, puis 50 € pour une nuit d'hôtel, faute de protection en cas de correspondance manquée.
Le Réseau Action Climat, quant à lui, s'est intéressé plus spécifiquement aux voyageurs au départ de la France. Son analyse conclut que la réforme rendrait bien visible certaines liaisons sur SNCF Connect (comme Paris-Berlin avec European Sleeper, Paris-Marseille avec Trenitalia ou Marseille-Madrid avec Renfe), mais qu'elle ne changerait rien pour les principales destinations nécessitant une correspondance, comme Rome, Naples, Venise ou Madrid.
Depuis la présentation du Passenger Package par la Commission européenne, le débat ne se limite plus à Bruxelles. En France aussi, le sujet avance. Le Sénat s'est récemment penché sur la billettique dans les transports, tandis que les députés examinent actuellement le projet de loi-cadre sur les transports.
Parmi les nombreuses mesures discutées figure une question qui peut sembler très technique, mais qui pourrait avoir des conséquences concrètes pour des millions de voyageurs : faut-il obliger certaines plateformes de réservation à vendre davantage de billets de compagnies concurrentes ?
L'objectif est clair : permettre aux voyageurs d'accéder plus facilement à l'ensemble de l'offre ferroviaire disponible, sans avoir à multiplier les recherches sur plusieurs sites. La proposition française rejoint ainsi, dans son esprit, les ambitions de la Commission européenne. Les modalités diffèrent toutefois sur plusieurs points, notamment sur le périmètre des obligations qui pèseraient sur les plateformes.
Si SNCF Connect revient si souvent dans les débats, c'est parce qu'il s'agit aujourd'hui de la principale plateforme de réservation ferroviaire en France. Selon l’Autorité de Régulation des Transports, en 2023 elle présentait un chiffre d’affaires 5 fois supérieur à sa principale concurrente, Trainline. Selon l’AFP, SNCF Connect vendrait 85 % des billets de train en ligne en France. Les associations favorables à une ouverture plus large estiment donc qu'y rendre visibles davantage d'opérateurs permettrait de faciliter l'accès au train pour un grand nombre de voyageurs.
Concrètement, si les textes étaient adoptés, SNCF Connect pourrait être amenée à proposer davantage de billets d'entreprises concurrentes lorsqu'elles circulent sur le territoire français, comme Trenitalia, Renfe ou European Sleeper.

Un train AVE de la compagnie espagnole Renfe
Pour autant, cela ne signifie pas que l'ensemble des trajets européens deviendraient automatiquement réservables sur SNCF Connect. Comme nous l'avons vu plus haut, plusieurs destinations nécessitant une correspondance à l'étranger pourraient continuer à échapper à ce dispositif.
Cette perspective ne fait toutefois pas l'unanimité. Selon des documents internes révélés par BFM Business, le groupe SNCF estime que l'ouverture de SNCF Connect à des opérateurs concurrents pourrait accélérer les pertes de parts de marché de son activité TGV. Dans le scénario étudié par l'entreprise, cela représenterait jusqu'à 320 millions d'euros de chiffre d'affaires en moins sur les deux premières années suivant l'ouverture de la plateforme. L'entreprise souligne également que les commissions perçues sur la vente des billets concurrents ne compenseraient pas ces pertes. L’entreprise n’a pas communiqué les données brutes ayant permis de réaliser ces calculs, il n’est donc pas possible de vérifier ces estimations et ces conclusions.
Pour SNCF Voyageurs, l'enjeu ne se limite donc pas à la vente de billets. Les lignes les plus rentables contribuent aujourd'hui au financement d'autres dessertes moins rentables. Une perte de parts de marché sur ces axes pourrait donc, selon l'entreprise, fragiliser cet équilibre économique. Selon l’Autorité de Régulation des Transports, la diminution de la desserte des villes intermédiaires a commencé bien avant l’ouverture à la concurrence. L’institution estime qu’elle est d’abord dûe à des péages trop élevées sur ces dessertes, ce qui empêche d’y trouver une rentabilité.
Au-delà des chiffres, les opérateurs historiques regroupés au sein de la Communauté européenne du rail (CER) défendent un argument plus général. Ils estiment qu'imposer à une entreprise de vendre les produits de ses concurrents constituerait une intervention sans précédent dans le secteur.
Le directeur exécutif de l'organisation, Alberto Mazzola, résume ainsi cette position : « Je ne connais aucun cas où quelqu'un est obligé de vendre le produit d'un concurrent. Imaginez Lufthansa contrainte de vendre des billets Ryanair. »
Pour ces acteurs, les priorités devraient avant tout porter sur le développement de l'offre ferroviaire et des infrastructures plutôt que sur de nouvelles obligations de distribution.
De l’autre côté, les entreprises concurrentes de SNCF Voyageurs voient, naturellement, les choses différemment. L'Association française du rail (AFRA), qui représente plusieurs nouveaux opérateurs, conteste notamment les estimations économiques avancées par le groupe SNCF. Selon elle, une meilleure visibilité des différentes compagnies sur les principales plateformes de réservation ne ferait pas que redistribuer les voyageurs existants : elle pourrait aussi attirer de nouveaux clients vers le train.
L'association estime qu'il existe aujourd'hui une demande importante pour davantage de liaisons ferroviaires et que les nouveaux entrants contribuent à développer l'offre disponible, avec des bénéfices potentiels non seulement pour les voyageurs, mais aussi pour les gestionnaires d'infrastructures.
Les ONG environnementales défendent, elles aussi, une logique différente. Pour le Réseau Action Climat et T&E, l'enjeu dépasse la concurrence entre opérateurs. Leur objectif est avant tout de faciliter le report de l'avion vers le train. Elles recommandent ainsi d'aller plus loin que la proposition actuelle en élargissant les obligations de distribution aux principales liaisons européennes nécessitant une correspondance, afin que davantage de voyageurs puissent bénéficier d'un véritable billet unique.
À ce stade, rien n'est encore définitif. Au niveau européen, le Passenger Package doit désormais être examiné puis négocié par le Parlement européen et le Conseil de l'Union européenne avant une éventuelle adoption. En France, le projet de loi-cadre sur les transports poursuit lui aussi son parcours parlementaire.
Il est donc encore trop tôt pour savoir quelles mesures seront finalement retenues. En revanche, une chose semble faire consensus : la réservation des billets est devenue un enjeu majeur pour le développement du train en Europe.

Train allemand de la Deutsche Bahn
Pendant longtemps, les débats sur le rail européen ont surtout porté sur les infrastructures, les nouvelles lignes ou l'ouverture à la concurrence. Le principal défi du train européen n'est peut-être plus seulement de faire circuler davantage de trains, mais également de permettre aux voyageurs d'utiliser facilement ceux qui existent déjà.
Les réponses diffèrent encore selon les acteurs, mais tous partent désormais du même constat : simplifier la réservation est devenu un levier essentiel pour rendre le train plus attractif face à l'avion.
Le Passenger Package est l'une des réformes ferroviaires européennes les plus importantes de ces dernières années. Son objectif : rendre les voyages en train plus simples à réserver et mieux protéger les voyageurs en cas de correspondance ratée.
Mais plusieurs organisations, comme le Réseau Action Climat et Transport & Environment, estiment que le texte pourrait aller plus loin. Selon elles, certains grands trajets internationaux, notamment vers l'Italie ou l'Espagne, resteraient difficiles à réserver sous la forme d'un billet unique.
En parallèle, la France examine elle aussi une réforme de la distribution des billets de train, qui pourrait obliger certaines plateformes comme SNCF Connect à afficher davantage de trains opérés par des compagnies concurrentes.
Rien n'est encore adopté définitivement. Les débats se poursuivront dans les prochains mois au Parlement européen comme au Parlement français.
Les prochains mois seront décisifs. Au niveau européen, le Passenger Package va désormais être examiné par le Parlement européen et le Conseil de l'Union européenne. Les deux institutions pourront modifier la proposition de la Commission avant d'ouvrir les négociations sur un texte commun.
En France, le projet de loi-cadre sur les transports poursuit lui aussi son parcours parlementaire. Les débats pourraient notamment préciser les obligations qui pèseront, à terme, sur les principales plateformes de réservation ferroviaire.
Autrement dit, les règles qui encadreront demain la réservation des billets internationaux sont encore loin d'être définitivement arrêtées. Comme toujours, on suivra ces discussions de près et on te tiendra au courant de leurs conséquences concrètes pour les voyageurs !
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FAQ
Parce que toutes les compagnies ferroviaires européennes ne distribuent pas leurs billets de la même manière et que les plateformes ne proposent pas toutes le même catalogue. Certains trajets nécessitant plusieurs opérateurs peuvent donc être plus faciles à trouver sur une plateforme que sur une autre.
Oui. Plusieurs itinéraires permettent déjà de rejoindre Rome depuis Paris avec une seule correspondance, généralement à Milan. En revanche, selon la plateforme utilisée, il peut être plus ou moins facile de retrouver et de réserver l'ensemble du trajet.
Dans le cadre de la réforme proposée par la Commission européenne, un billet unique correspond à un voyage acheté en une seule transaction, même lorsqu'il combine plusieurs compagnies ferroviaires. Il ouvrirait de nouveaux droits en cas de retard ou de correspondance manquée.
Le texte renforcerait les droits des passagers voyageant avec un billet unique : réacheminement sans surcoût, assistance (repas ou hébergement si nécessaire), remboursement ou indemnisation selon les situations. Il prévoit également plusieurs mesures destinées à faciliter la réservation des trajets internationaux.
Le Réseau Action Climat et Transport & Environment considèrent que le Passenger Package constitue une avancée importante, mais jugent que son périmètre reste trop limité. Selon elles, plusieurs grands trajets européens nécessitant une correspondance, comme Paris-Rome ou Paris-Madrid, pourraient rester difficiles à réserver sous la forme d'un billet unique.
C'est l'un des sujets actuellement débattus, aussi bien au niveau européen qu'en France. Les textes en discussion prévoient d'imposer certaines obligations aux plateformes dominantes, mais leurs modalités définitives ne sont pas encore arrêtées.
Parce qu'une part croissante des voyages internationaux repose sur des correspondances entre plusieurs compagnies ferroviaires. En simplifiant les réservations et en renforçant les droits des voyageurs, la réforme pourrait rendre le train plus attractif face à l'avion sur de nombreuses liaisons européennes.
À ce stade, le Passenger Package est une proposition de la Commission européenne. Elle doit encore être examinée puis négociée par le Parlement européen et le Conseil de l'Union européenne. En France, le projet de loi-cadre sur les transports suit également son parcours parlementaire.

Issue du monde de la communication et des médias, Sophie est Responsable éditoriale chez HOURRAIL ! depuis août 2024. Elle est notamment derrière le contenu éditorial du site ainsi que La Locomissive (de l'inspiration voyage bas carbone et des bons plans, un jeudi sur deux, gratuitement dans ta boîte mail !).
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