


Tu cherches des conseils pratiques, des retours d'expérience et une bonne dose d'inspiration pour ton prochain voyage bas carbone ? Installe-toi confortablement et mets tes écouteurs dans les oreilles : embarquement immédiat pour "Je t'offre un rail ?", le podcast qui va te rendre accro au train ! Ici, on revient sur le témoignage de Chloé, alias @Missucharlie, qui teste un nouveau métier tous les trois mois et partage ses expériences sur les réseaux sociaux. Au micro de Benjamin, elle raconte son voyage à vélo jusqu’en Norvège, seule : un mois de route quasi ininterrompue depuis Paris.
« Ce qui est cool c'est que je fais souvent des choix écoresponsables, mais pas du tout par responsabilité, vraiment par pur choix du fun. »
« Moi j'aime trop voyager en train parce que je peux continuer à bosser. »
Chloé chiffre son équipement complet (vélo, caméras comprises) à environ 7800 €, vélo gravel à 3300 € en tête de liste (plus une caméra Sony à 1000 € et deux Insta360 pour 800 €).
Pour un équipement d'occasion, en dénichant les bons plans, elle estime qu'on peut partir avec tout le matériel nécessaire pour 2500 à 3000 €, vélo compris.
Pour du bikepacking longue distance avec 10 à 15 kg de bagages, Chloé déconseille le vélo de route (trop léger, pensé pour la vitesse et non pour le poids) et recommande un gravel, plus large et un peu plus lourd, qui offre un bon compromis entre confort et vitesse.
Découverte deux jours avant son départ, l'appli Warmshowers (l'équivalent du Couchsurfing pour les cyclistes) lui a permis de trouver des hébergements chez l'habitant tout au long du trajet, avec selon elle un taux de bienveillance nettement supérieur à celui du Couchsurfing classique.
Pas de plan figé : Chloé traçait sa route chaque matin sur l’appli Garmin, en deux minutes à peine, sans savoir à l'avance où elle allait s'arrêter le soir.
Si tu préfères poser ton itinéraire à l'avance (et troquer les mollets contre les rails), on a de quoi t'aider :

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Aller en Scandinavie en train : la Norvège, la Suède et le Danemark sans avion depuis la France
Une observation qui l'a marquée : dès la Belgique, elle note un rapport aux cyclistes bien plus respectueux qu'en France. Aux Pays-Bas, elle parle carrément de "rêve". L'Allemagne lui a paru un peu plus tendue sur la route, puis la sensation de sécurité augmente à nouveau à mesure qu'elle avance vers les pays scandinaves.
« J'ai plus peur pour le Danois qui vient en France que pour le Français qui va au Danemark. Parce que plus tu pars dans les pays scandinaves, plus tu t'éloignes de la France, plus c'est safe. »
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La Norvège, ce n'est pas un coup de tête. En deuxième année d'école de commerce, Chloé avait déjà essayé d'y aller. Elle voulait faire son stage là-bas et rentrer en train ou à vélo, mais ses parents avaient refusé : trop dangereux pour une jeune femme seule. Elle n'avait finalement pas trouvé de stage sur place, mais l'idée était restée dans un coin de sa tête. Le déclic est venu plus tard, avec le triathlon (dans le cadre de l’un des métiers qu’elle a testé), qui l'a remise en selle et lui a donné envie de pousser plus loin.
Elle raconte avoir pris sa décision en douze minutes de réflexion, puis avoir mis le sujet de côté pendant qu'elle finissait son triathlon, au point de ne plus vraiment y croire elle-même. C'est seulement une fois le triathlon terminé, à 7 jours du départ, qu'elle s'est vraiment lancée dans l'organisation : liste de matériel imaginée situation par situation ("ce soir tu dors dehors, de quoi as-tu besoin ?"), checklist pensée sacoche par sacoche (une pour la nourriture, une pour l'hygiène, etc.), vélo gravel fourni par Liv (déjà partenaire pour son triathlon), et le reste de l'équipement choisi via Alltricks.
Le jour J, elle passe des messages qui pleuvent au départ au silence au bout de deux heures. Elle se retrouve seule, dans un endroit qu'elle ne connaît pas, sans savoir où elle va. Une sensation particulière qui va la suivre pendant une bonne quinzaine de jours (sans pour autant l'empêcher de chanter sur son vélo).
Son début de voyage est marqué par des pays assez “plats” et un sentiment de routine sans grand pic d’émotion. Tout bascule à la sortie de l'Allemagne, quand elle rencontre Dimitri, le premier cyclo-voyageur avec qui elle va rouler plusieurs jours. Ensemble, ils décident de leur itinéraire, notamment un passage en ferry, et partagent la prise de décision. Ce partage de responsabilité lui permet de souffler, et le voyage prend une tonalité bien plus contrastée : de grands hauts, de grands bas.
Environ deux semaines et demie après son départ, elle traverse un sentiment de solitude très pesant. Mais jamais elle n'a envisagé d'arrêter, même dans ce creux de vague. Ce pari finit par payer. En repassant ses rushs vidéo, elle voit très bien l'évolution : très marquée par la solitude en début de voyage, elle termine le trajet parfaitement à l'aise avec elle-même, capable de retrouver seule la même joie qu'en compagnie. « J'ai appris à appréhender la solitude », raconte-t-elle.
Finalement, ce qu'elle retient de ce mois sur les routes, ce n'est pas tant la Norvège en elle-même que ce cap franchi : avoir tenu, seule, dans l'inconnu, et en être ressortie plus à l'aise avec elle-même qu'au départ.
Un voyage qui confirme, une fois de plus, que l'aventure bas carbone ne se résume pas à un mode de transport : c'est avant tout une aventure humaine faite de rencontres et d’émotions.

Issue du monde de la communication et des médias, Sophie est Responsable éditoriale chez HOURRAIL ! depuis août 2024. Elle est notamment derrière le contenu éditorial du site ainsi que La Locomissive (de l'inspiration voyage bas carbone et des bons plans, un jeudi sur deux, gratuitement dans ta boîte mail !).
Convaincue que les changements d’habitude passent par la transformation de nos imaginaires, elle s’attache à montrer qu’il est possible de voyager autrement, de manière plus consciente, plus lente et plus joyeuse. Son objectif : rendre le slow travel accessible à toutes et tous, à travers des astuces, des décryptages et surtout, de nouveaux récits.