


Train de nuit, bus régionaux, refuges gardés, cols d'altitude et paysages glaciaires : pendant trois jours, nos reporters Lisa et Benjamin ont parcouru une partie du Parc national des Écrins sans voiture ! À l'heure où les destinations de montagne cherchent à concilier attractivité touristique et préservation des milieux naturels, le massif des Écrins apparaît comme un formidable terrain d'expérimentation. Peut-on encore vivre une véritable aventure alpine sans voiture ? Comment découvrir ces paysages exceptionnels sans contribuer à leur dégradation ? Et quelles bonnes pratiques adopter pour profiter de la montagne tout en respectant sa fragilité ?
Pour répondre à ces questions, on t’embarque avec nous à bord du train de nuit Paris-Briançon avant de partir pour trois jours d'itinérance sur le tour “entre Cerces et Écrins”, au départ du Monêtier-les-Bains, en passant par le col du Lautaret, le sentier des crevasses et le col d'Arsine. Une aventure au cœur d'un territoire aussi accessible que spectaculaire.
👉 Pour préparer ton propre séjour dans le parc national des Écrins (accès en train, refuges, réglementation, bivouac, idées d'itinéraires...), retrouve aussi notre guide complet du Parc national des Écrins sans voiture.

Article
Parc national des Écrins sans voiture : notre guide complet train + bus, randos et refuges
🏔️ L'itinéraire : 3 jours de randonnée itinérante entre Cerces et Écrins, départ du Monêtier-les-Bains, le col du Lautaret, sentier des crevasses et le col d'Arsine.
🚆 Accès sans voiture : train de nuit Paris → Briançon ou TGV Grenoble, puis bus ZOU 55 jusqu'au Monêtier-les-Bains.🥾 Niveau : intermédiaire, avec 5 à 6 h de marche par jour et jusqu'à 1000 m de dénivelé positif.
🏡 Hébergements : refuge du Clôt des Vaches puis refuge de l'Alpe de Villar-d'Arène.
🐾 À retenir avant de partir :
“J’avais déjà fait des randonnées en montagne et je sais à quel point c’est difficile d’accéder à certaines zones de marche sans véhicule. Alors c’était très surprenant d’expérimenter un tour en itinérance 100 % sans voiture. On a tendance à choisir la facilité sans se rendre compte que finalement, l’autre option est encore plus simple. Sans voiture, on se sent libre à 100%, et quel bonheur de vivre cette sensation en plein cœur de la montagne !” - Lisa
Quand on pense randonnée alpine, on imagine souvent une voiture chargée de sacs à dos, des heures de route et un parking au bout d'une vallée. Pourtant, aller dans les Écrins peut se faire d’une façon bien différente.
Pour cette expérience, nous avons choisi de tester un tour entre Cerces et Écrins, un circuit itinérant qui se prête particulièrement bien à une découverte des Écrins en transports en commun.
Le dimanche soir, tu embarques à Paris à bord du train de nuit INTERCITÉS en direction de Briançon. Pendant que la ville s'endort, le train file vers les Alpes. Après une bonne nuit de sommeil, les premiers sommets apparaissent derrière les vitres et, à 8h30, te voilà en gare de Briançon, dans les Hautes Alpes. Ensuite, il te suffit de prendre le bus ZOU 55 en direction du Monêtier-les-Bains. Et une heure plus tard, te voilà déjà au départ du sentier, bien loin de la ville et prêt ou prête à partir pour trois jours de marche !
Tu verras, le voyage commence avant même de mettre un pied sur le sentier de rando. Le train de nuit, l'arrivée à Briançon au petit matin, la correspondance en bus puis l'entrée progressive dans la montagne font déjà partie intégrante de l'expérience de déconnexion.

Le genre de paysages qui donnent envie de rester à la fenêtre - © Benjamin Martinie
Pour rejoindre le départ de cette itinérance :
Autre solution : TGV jusqu’à Grenoble puis bus ZOU 55. Compter environ 6 h 30 à 7 h de trajet depuis Paris selon les correspondances.
Temps de trajet depuis Paris : environ 12 heures avec le train de nuit jusqu'à Briançon, ou 6 h 30 à 7 h en TGV via Grenoble.
Niveau physique : intermédiaire, avec entre 500 et 1000 m de dénivelé positif par jour et 5 à 6 heures de marche quotidienne.
Période idéale : de juin à septembre selon les conditions d'enneigement.
Budget indicatif (hors transport jusqu'à Paris) : à compléter après le séjour avec les tarifs réellement observés (train, bus, refuges, repas).
Si nous avons choisi de démarrer notre itinérance au Monêtier-les-Bains, le bus ZOU 55 ouvre en réalité l'accès à une grande partie du nord et de l’est du massif. En longeant la vallée de la Guisane puis en franchissant le col du Lautaret, il dessert plusieurs villages qui constituent d'excellents points de départ pour explorer les Écrins sans voiture.
Parmi eux, La Grave, classé parmi les “Plus Beaux Villages de France”, est le point de départ de nombreuses randonnées face au massif de la Meije, l'un des sommets les plus emblématiques des Alpes françaises. Quelques kilomètres plus loin, Villar-d'Arène permet de rejoindre facilement des itinéraires comme le lac du Pontet ou le refuge de l'Alpe de Villar-d'Arène. La ligne dessert également le col du Lautaret, un départ privilégié pour rejoindre le Jardin Alpin, les panoramas sur les glaciers ou plusieurs itinéraires d'altitude.
Autrement dit, une vraie bonne nouvelle pour les amateurs de montagne : tu peux découvrir plusieurs des plus belles pépites du parc national des Écrins sans prendre la voiture, simplement en combinant train, bus régionaux et marche !
Les premières foulées quittent rapidement le village du Monêtier-les-Bains pour remonter au frais sous les mélèzes du bois de Saint Joseph, puis traverser à flanc de montagne sur le chemin du Roy jusqu’à l’alpe du Lauzet et, un peu plus haut, le refuge du Clôt des Vaches, perché dans les hauteurs du massif.
Au début, le sentier serpente entre les mélèzes. Puis les paysages s'ouvrent progressivement. Les vallées apparaissent, les sommets se rapprochent. Te voilà dans le massif des Cerces, avec une vue panoramique sur les Écrins qui se découvrent de l’autre côté de la vallée.
“L’avantage de cette randonnée, c’est qu’elle commence déjà à près de 1400 m d’altitude, et on démarre directement avec des vues spectaculaires sur les montagnes. Et surtout la nature… Ce qui est génial avec l’itinérance, c’est qu’on n’a pas l’impression d’avoir d’urgence, on peut prendre son temps, faire une petite sieste après le repas, grimper tranquillement sans se fatiguer, et prendre le temps d’admirer les vues panoramiques.” - Lisa

Le refuge du clos des vaches - © Benjamin Martinie
En fin d'après-midi, le refuge apparaît enfin. Construit tout récemment, le refuge du Clôt des Vaches, gardé par Estelle et Dimitri, a ouvert en janvier 2025.
Après plusieurs heures de marche, l'ambiance chaleureuse de cet endroit tout confort contraste avec l'immensité des paysages traversés. Les sacs tombent au sol et les conversations commencent !
“Personnellement, c’était ma première fois dans un refuge, raconte Lisa. Et j’ai adoré ça ! De base, je suis une adepte des auberges de jeunesse. Eh bien les refuges, c’est le même principe. Et pour une première fois, le Clôt des Vaches était parfait ! C’est super convivial, l’équipe est incroyable, on y mange bien, et les lits sont très confortables. Mais surtout, j’ai découvert les bonnes pratiques en refuge, poursuit-elle. Et en tant que Parisienne, ça n’est pas forcément évident.”
Profiter de la montagne, c’est aussi la respecter. Et cela commence par des gestes simples :
“Déjà, la montagne impose des règles très précises parce que les ressources deviennent rares, complète Lisa. Donc on garde ses déchets, on pense à ramener une batterie portable pour charger, on limite au maximum sa consommation d'eau pour la toilette, la vaisselle ou les autres usages (mais pas pour s'hydrater, bien sûr !), et si on peut, on pense à ramener quelques vivres frais au gardien, une pratique un peu oubliée mais toujours appréciée !”
Des comportements qui te paraissent peut-être évidents, mais qui contribuent directement à préserver ces espaces naturels particulièrement fragiles.
Au petit matin, les sommets s'illuminent progressivement autour du refuge. Après le petit-déjeuner, c’est reparti pour la suite de la rando, direction le Pont de l'Alpe, puis le col du Lautaret. L'étape du jour doit te conduire jusqu'au refuge de l'Alpe de Villar-d'Arène en passant par le belvédère des Crevasses, en plein cœur du Parc national des Écrins.
Les paysages changent à nouveau : la végétation se fait plus discrète, les reliefs deviennent plus minéraux et les glaciers apparaissent au loin. Et en rejoignant le belvédère des crevasses, le paysage change encore d'échelle. Les sommets semblent se multiplier à l'horizon et les glaciers deviennent plus présents dans le paysage.
“La montagne nous met face à un paradoxe : elle procure une grande sensation de liberté, mais aussi ce sentiment d’être tout petit, face à ces reliefs qui semblent parfois se refermer sur nous. Quand j’admire ce panorama, c’est exactement ce que je ressens.” - Lisa
En fin de journée, le refuge de l'Alpe de Villar-d'Arène (FFCAM) offre une halte aussi chaleureuse que bienvenue. Gardé par Mélanie, il accueille les randonneurs dans une ambiance conviviale, avec une cuisine maison qui fait rapidement oublier les efforts de la journée : pique-nique à emporter (à réserver à l'avance), généreuses lasagnes au dîner… Le tout sous l'œil curieux des nombreuses marmottes qui ont élu domicile autour du refuge et se laissent souvent observer à quelques mètres seulement.
“Mais ça m’a aussi rendu triste, poursuit-elle. Parce que le paysage qu’on traverse est sévèrement touché par le réchauffement climatique. Et ça se voit. En 50 ans, le massif glaciaire des Écrins a perdu 50% de sa surface, l’équivalent de 5000 hectares. Les scientifiques prévoient la disparition des glaciers d’ici 2100…”
Autour du refuge de l'Alpe de Villar-d'Arène, les premiers rayons du soleil éclairent progressivement les sommets. C'est l'un de ces moments suspendus que seule l'itinérance permet vraiment de vivre. “On a commencé la rando assez tôt, vers 7h du matin, pour marcher à la fraîche. Et voir le soleil illuminer progressivement les paysages, c’est assez magique”, confirme Lisa.
Pour ce troisième jour, cap sur le col d'Arsine, avant de redescendre vers Le Casset puis le Pont de l'Alpe. Une dernière étape d'environ cinq heures trente de marche qui t’offre quelques-uns des plus beaux paysages du séjour.
Et si tu as plus de temps, n’hésite pas à faire l’aller-retour au lac d’Arsine : ça en vaut le détour !

Le magnifique Réou d'Arsine - © Benjamin Martinie
“Au bout du 3ème jour, on sent que le corps s’est adapté. À l’altitude d’abord, mais aussi à l’effort et au rythme de la montagne. Et ça permet de s’attarder encore plus à ce qu’il y a autour de nous, comme par exemple les animaux de la montagne. Je crois que c’est bien la première fois que je vois autant de marmottes, mais aussi de chamois et toutes sortes d’oiseaux !” - Lisa
Dans les Écrins, difficile de ne pas être frappé par la puissance des paysages. Mais derrière cette beauté spectaculaire se cache aussi une réalité plus complexe : celle d'un territoire qui doit composer avec les effets du changement climatique et une fréquentation touristique en constante augmentation.
Durant leur séjour, nos reporters Lisa et Benjamin ont pu échanger avec un garde-moniteur du Parc national des Écrins.
Très vite, une idée revient dans les échanges : les règles qui existent dans le Parc ne sont pas là pour compliquer la vie des visiteurs. Elles ont été pensées pour protéger un environnement particulièrement fragile.
Quand on découvre les Écrins pour la première fois, certaines réglementations peuvent surprendre : interdiction des chiens dans le cœur du Parc, encadrement du bivouac, interdiction des feux ou encore des drones. Mais derrière chacune de ces règles se cache une explication concrète.
“Le garde du parc a su nous expliquer les enjeux qui se cachent derrière des règles qu’on ne comprend pas toujours, explique Lisa. La faune et la flore de la montagne sont particulièrement menacées. Par exemple, avec les chaleurs, il y a beaucoup de bébés chamois qui ne survivent pas.”
Le dérangement de la faune pendant les périodes de reproduction, les risques d'incendie, l'érosion des sols, la préservation de zones humides particulièrement sensibles… Autant de réalités que l'on perçoit beaucoup mieux lorsqu'on les découvre directement sur le terrain.
“Tout est très fragile, souligne Lisa. Un rien peut abîmer une grande partie de l’environnement qu’on traverse, comme cueillir une fleur ou toucher un animal. La règle principale : ne pas laisser d’empreinte sur notre passage. On admire ce qui est beau et on ne le touche pas pour qu’il continue de l’être !”
Le bivouac fait partie de l'imaginaire de la montagne : dormir sous les étoiles, se réveiller face aux sommets, vivre une immersion totale dans la nature… Il faut dire que l’expérience a de quoi faire rêver.
Mais ces dernières années, la pratique a fortement progressé dans les Écrins. Sur certains sites très fréquentés, jusqu'à 215 tentes ont été recensées lors d'une même nuit, tandis que plusieurs centaines d'infractions ont été constatées sur une seule saison. Une évolution qui témoigne d'un engouement croissant pour l'immersion en montagne, mais qui souligne aussi l'importance de mieux informer les visiteurs sur les bonnes pratiques à adopter.
Car un bivouac mal préparé peut avoir des conséquences bien réelles : déchets abandonnés, dérangement de la faune, dégradation des pelouses alpines, pollution des cours d'eau ou encore multiplication des sentiers informels.
La montagne donne parfois une impression d'immensité. Pourtant, ces milieux restent extrêmement fragiles. Et lorsqu'on voit les lieux de ses propres yeux, on comprend rapidement pourquoi certaines pratiques doivent être encadrées !

La magie des paysages de montagnes - © Benjamin Martinie
Le bivouac est autorisé dans certaines conditions dans le cœur du Parc national des Écrins. Avant de partir, mieux vaut connaître quelques règles fondamentales :
✅ Monter sa tente uniquement entre 19h et 9h
✅ S'installer à plus d'une heure de marche d'un accès routier ou des limites du coeur du parc
✅ Ne laisser aucune trace de son passage
✅ Ne jamais faire de feu
✅ Respecter la tranquillité de la faune et des autres usagers
L'objectif n'est pas d'interdire le bivouac, mais de permettre à chacun de continuer à vivre cette expérience tout en préservant les lieux.
👉 Et pour retrouver toutes les règles détaillées et préparer ton séjour, on te renvoie vers notre guide complet du Parc national des Écrins sans voiture !
Jour 0
Paris → Briançon en train de nuit
Jour 1
Briançon → Bus Zou 55 → Le Monêtier-les-Bains → refuge du Clôt des Vaches
Jour 2
Refuge du Clôt des Vaches → Pont de l'Alpe → col du Lautaret → sentier des crevasses → refuge de l'Alpe de Villar-d'Arène
Jour 3
Refuge de l'Alpe de Villar-d'Arène → col d'Arsine → Le Casset → Le Monetier → bus Zou → Grenoble → TGV Paris

Le refuge du clos des vaches - © Benjamin Martinie
Cette aventure est pour toi si tu as déjà une première expérience de la marche en montagne.
Compte :
Pense aussi à réserver tes refuges plusieurs semaines, voire plusieurs mois à l'avance si tu pars en juillet ou en août. Les places sont limitées et les hébergements affichent souvent complet pendant l'été. Profites-en également pour réserver ton pique-nique du lendemain : la plupart des refuges en proposent sur demande lors de la réservation. Et pense bien à préciser si tu as un régime particulier (végétarien, sans gluten…) : en refuge on ne mange pas à la carte !
Cette aventure ne nécessite pas de matériel d'alpinisme, mais elle demande une vraie préparation. D'ailleurs, un séjour en montagne doit toujours être adapté aux conditions météorologiques, à l'altitude et à ton niveau.
À emporter avec toi :
Avant de partir, pense aussi à vérifier la météo, les conditions d'enneigement (surtout en début de saison, au mois de juin) et l'état des sentiers. Des réflexes simples mais indispensables pour profiter sereinement de la montagne.

Ça donne envie, non ? - © Benjamin Martinie
Envie de prolonger ton séjour ? Si tu disposes d'une journée supplémentaire, tu peux passer une nuit au gîte Le Flourou ou au gîte de l'Aiguillette du Lauzet, deux hébergements marqués Esprit Parc national. Cette marque distingue des professionnels engagés dans la préservation des espaces naturels, qui privilégient notamment les produits locaux, des pratiques respectueuses de l'environnement et un accueil en accord avec les valeurs du Parc.
Au retour, tu peux également choisir de descendre au Lauzet plutôt qu'au Monêtier-les-Bains pour rejoindre le bus. Ce petit détour permet de découvrir la Miellerie et Cueillettes du Lauzet, un chalet où sont produits sur place miels, tisanes, confitures et autres gourmandises bio à base des richesses de la montagne. Une halte idéale pour rapporter un souvenir gourmand des Écrins.
Dans un contexte où les espaces naturels sont de plus en plus fréquentés, le Parc national des Écrins montre qu'un autre modèle est possible : un tourisme de montagne fondé sur la mobilité douce, l'itinérance, la sensibilisation et le respect des milieux naturels. Voyager sans voiture ne consiste finalement pas seulement à changer de moyen de transport. C'est aussi apprendre à ralentir, à observer davantage, à comprendre ce que l'on traverse et, peut-être, à repartir avec davantage l'envie de protéger ces lieux !
Et pour le mot de la fin, la parole à notre reporter Lisa :
“Je ne verrais désormais plus la montagne du même œil. Je pense qu’il y a un véritable manque de connaissance sur ce type d’environnement : les difficultés que ces paysages traversent au quotidien, les enjeux de préservation et les bonnes pratiques en tant que randonneur. La randonnée, c’est incroyable, mais ce n’est pas un jeu. Et quand on connaît les règles et la fragilité qui nous entourent, on en admire d’autant plus la beauté. “
Ce guide est produit en partenariat avec l'office de tourisme :


Issue du monde de la communication et des médias, Sophie est Responsable éditoriale chez HOURRAIL ! depuis août 2024. Elle est notamment derrière le contenu éditorial du site ainsi que La Locomissive (de l'inspiration voyage bas carbone et des bons plans, un jeudi sur deux, gratuitement dans ta boîte mail !).
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