


Le 24 août 2026, l'État a annoncé le financement de six nouveaux projets de bateaux bas carbone dans le cadre de France 2030, pour un total de 21,4 millions d'euros. Une nouvelle dont on ne peut que se réjouir (et d'autant plus quand on sait que l'un des lauréats n'est autre que notre partenaire Sailcoop, qui permet déjà aux membres du Club HOURRAIL ! de bénéficier de réductions exclusives pour les traversées à la voile vers la Corse et les Glénan). On t'en dit plus sur cette annonce, sur le projet de ferry à voile qui en découle, et plus largement sur le positionnement de la France sur la décarbonation du transport maritime.
Le 24 août 2026, trois ministres (Philippe Tabarot pour les Transports, Catherine Chabaud pour la Mer, Sébastien Martin pour l'Industrie) ont annoncé six nouveaux lauréats de l'appel à projets « CORIMER Navire Bas-Carbone », pour un montant total de 21,4 millions d'euros. C'est la deuxième vague de financement de ce dispositif, et elle confirme un vrai mouvement de fond côté maritime français.
CORIMER (Conseil d'Orientation pour la Recherche et l'Innovation des Industriels de la Mer) est l'instance qui pilote, pour le compte de l'État, le soutien à l'innovation dans la filière maritime française. Lancé en janvier 2025 et opéré par l'ADEME pour le compte du Secrétariat général pour l'investissement, l'appel à projets « Navire Bas-Carbone » vise à faire émerger des solutions industrielles françaises capables de réduire rapidement les émissions du transport maritime, tout en renforçant la souveraineté technologique de la filière navale.
Sur 17 dossiers déposés, six ont été retenus, chacun ciblant un levier différent de décarbonation :
| Projet | Porteur | Levier de décarbonation | Région |
|---|---|---|---|
| GDS 3 | Grain de Sail Shipping + Chantiers de l'Atlantique | Propulsion vélique de fret | Bretagne |
| EO3 | Energy Observer + EO Concept | Chaîne multi-énergie | Bretagne |
| Searenity | Subsea Tech + Naval Group, ENSTA, Univ. Bretagne Sud, CMA CGM | Drone de nettoyage du biofouling | Pays de la Loire |
| Corsica Favorite 2025 | Sailcoop | Navire passagers zéro énergie fossile | Nouvelle-Aquitaine |
| Vectra | Syndicat des pilotes des ports de Marseille et du Golfe de Fos | Vedette électrique portuaire | Provence-Alpes-Côte d'Azur |
| Biomogas | Sapaic Industries + FEV | Moteur biométhane 1000 kW | Auvergne-Rhône-Alpes |
Concernant le montant individuel accordé à chaque projet, le communiqué de l'État parle uniquement de l'enveloppe globale de 21,4 millions d'euros pour les six. À noter aussi : si ce type de dispositif finance des projets de recherche, de développement ou des démonstrateurs, il ne finance pas des solutions déjà déployées commercialement. Plusieurs de ces navires n'existent donc aujourd'hui que sur plans.
Cette seconde relève fait suite à une première vague, dévoilée le 6 février 2026, qui avait déjà soutenu trois projets pour 6,8 millions d'euros. Au total, ce sont désormais neuf projets financés par France 2030 dans le cadre de ce dispositif, pour un montant cumulé de 28,2 millions d'euros. Et d’autres devraient suivre, puisque le CORIMER a ouvert fin juillet 2026 un nouvel appel à manifestation d'intérê pour identifier les prochains projets à soutenir (ouvert jusqu'au 30 septembre 2026).
Sur les six lauréats, un nom nous est particulièrement familier : la coopérative de voyage en voilier Sailcoop. Son projet, baptisé « Corsica Favorite 2025 », vise à faire passer sa liaison continent-Corse à une toute autre échelle.

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Sailcoop : l'alternative à l'avion pour aller en Corse ou traverser l'Atlantique
Concrètement, le projet Corsica Favorite 2025 porte sur la conception, la construction et l'exploitation d'un navire à passagers zéro énergie fossile pour les traversées entre le continent et la Corse, avec un objectif de réduction d'au moins 80 % des émissions de CO2 par passager. Un bateau qui se veut être le “premier ferry à voile au monde, conçu pour transporter 80 passagers entre la Corse et le Continent”, soit dix fois la capacité de ses voiliers actuels sur la ligne Corse (8 passagers).
En pratique, le navire doit être construit au Chantier de l'Arsenal à La Rochelle, le même chantier qui a déjà livré à Sailcoop son catamaran de la ligne des Glénan en 2024, avec une largeur de 12 mètres, une vitesse de croisière de 8,5 nœuds et une propulsion vélique principale complétée par un moteur auxiliaire hybride électrique et HVO 100 pour les manœuvres portuaires. Certes, ce carburant d'appoint reste un biocarburant, ce qui nuance légèrement la formule « zéro énergie fossile » employée par l'État. Mais la réduction visée (-80 % de CO2 par passager) reste extrêmement significative. Objectif : une mise en service à l’horizon 2028.
Pas besoin d'attendre 2028 pour tester le concept ! Sailcoop opère déjà des traversées à la voile vers les Glénan (au départ de Concarneau et Beg-Meil) et vers la Corse (au départ de Saint-Raphaël), sur des voiliers de 15 mètres accueillant 8 passagers. En tant que membre du Club HOURRAIL !, en plus de tous les autres avantages exclusifs du Club, tu bénéficies de -10 % sur la ligne des Glénan et -5 % sur la ligne Corse.
La décarbonation maritime ne se joue pas sur une seule technologie. Au-delà de Sailcoop, les cinq autres projets lauréats couvrent des leviers très différents.
Grain de Sail, déjà connue pour transporter son café et son chocolat par voilier-cargo depuis 2020, porte désormais le projet GDS 3 avec les Chantiers de l'Atlantique : un démonstrateur de navire porte-conteneurs à propulsion vélique principale, développé en Bretagne. L'objectif est de faire émerger une filière industrielle française du fret à la voile, capable de produire des navires de charge bas carbone exportables.
Le projet Searenity, porté par Subsea Tech avec Naval Group, l'ENSTA et CMA CGM, développe un drone sous-marin autonome pour nettoyer le biofouling, ces salissures marines qui alourdissent la traînée des coques et augmentent la consommation de carburant des navires. De son côté, le projet Vectra électrifie une vedette rapide utilisée par les pilotes maritimes à l'entrée des grands ports, comme Marseille-Fos. Deux approches complémentaires : réduire la consommation des navires existants plutôt que d'attendre de nouvelles motorisations.
C'est le pari du projet Biomogas, porté par Sapaic Industries avec l'équipementier FEV : développer un moteur gazeux V12 de 1000 kW fonctionnant au biométhane, une ressource renouvelable disponible sur le territoire français. Ce financement doit permettre de réaliser les tests du moteur et de développer sa carte électronique, une piste complémentaire à l'électrification pour les motorisations lourdes, là où les batteries restent peu adaptées.
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On le sait, le ferry classique n'est pas un mode de transport bas carbone. Sa consommation de carburant et ses émissions par passager restent élevées (comme on le détaille juste après). Mais pour beaucoup de liaisons, notamment vers les îles, il reste parfois la seule alternative concrète à l'avion : il n'existe pas toujours de solution ferroviaire ou routière de repli pour rejoindre la Corse, la Sardaigne ou d'autres destinations insulaires. Et c'est cette absence d'options qui donne tout son sens à des projets comme Corsica FAVORITE : proposer, sur ces liaisons contraintes, une vraie alternative bas carbone au ferry classique, plutôt que de devoir choisir entre l'avion et un bateau qui pollue presque autant.
Il n'existe à ce jour aucun facteur d'émission officiel de l'ADEME pour le transport maritime de passagers : contrairement au train ou à l'avion, la méthode de calcul fait encore débat chez les chercheurs (répartition des émissions entre passagers, fret et véhicules embarqués, prise en compte du taux de remplissage...). Ce qu'on sait, en revanche, c'est qu'un ferry conventionnel consomme des quantités importantes de fioul lourd : sur la liaison continent-Corse, Sailcoop évalue ces émissions à 219 kg de CO2 équivalent par passager pour une traversée en ferry classique, un chiffre que la coopérative avance depuis plusieurs années et que le média indépendant Vert a repris.

À l'inverse, les traversées à la voile de Sailcoop réduisent drastiquement cette empreinte : sur sa première saison d'exploitation (2022), la coopérative estime avoir émis 12,8 kg de CO2 équivalent par passager sur cette même liaison, soit une réduction d'environ 94 % par rapport au ferry classique. Sailcoop avance aujourd'hui des chiffres actualisés : 90 à 95 % d'émissions en moins qu'un ferry classique selon le type de traversée (de jour ou de nuit), et 85 % de moins que l'avion.
C'est tout l'enjeu des projets comme Corsica Favorite 2025 : passer d'une offre de niche (8 passagers par traversée) à une offre capable d'absorber une vraie partie du trafic vers la Corse, tout en gardant l'expérience singulière de la traversée à la voile. Pour les liaisons plus courtes, comme celles vers Groix, Belle-Île ou les Glénan, la voile a déjà largement fait ses preuves et fonctionne comme une vraie navette du quotidien en saison.

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Voyager à la voile depuis la France : les plus belles destinations sans avion
Le train reste, et de très loin, le mode de transport terrestre le plus décarboné pour les longues distances. Mais la stratégie française de décarbonation des mobilités ne s'arrête pas aux rails : entre le fret à la voile, les ferries bas carbone et l'électrification des activités portuaires, c'est toute la chaîne du transport de marchandises et de passagers qui est concernée. De quoi élargir, doucement mais sûrement, la palette des façons de voyager sans avion depuis la France.
Difficile de crier victoire trop vite. La plupart de ces six projets sont encore des démonstrateurs ou des solutions en phase de test, avec des mises en service prévues à partir de 2027-2028. L'échelle financière et opérationnelle reste, elle aussi, modeste : 21,4 millions d'euros (28,2 millions cumulés depuis 2025), face à un secteur maritime qui pèse à lui seul environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Et ces nuances ne retirent rien à l'intérêt de la démarche : chaque tonne de CO2 évitée compte. Et surtout, ces projets montrent qu'une filière française de décarbonation maritime est en train de se structurer, sur plusieurs fronts à la fois, de la propulsion vélique au biométhane.
Bien sûr, comme pour le train, la meilleure façon de voyager bas carbone reste souvent de voyager moins loin, moins souvent, ou différemment : l'innovation technologique complète la sobriété, elle ne la remplace pas. Mais ces alternatives, c’est autant d’options supplémentaires pour rejoindre les îles et les côtes françaises sans monter dans un avion.
Et en attendant, la meilleure façon de soutenir ce mouvement reste de voyager autrement dès aujourd'hui. En rejoignant le Club HOURRAIL !, tu bénéficies de notre application Premium pour organiser tes voyages sans avion ni voiture, et surtout de réductions négociées avec nos partenaires comme Sailcoop (mais aussi sur d'autres partenaires du voyage bas carbone : -15 % sur les traversées à la voile vers Belle-Île avec Les Iliens et sur les traversées vers l’île de Groix avec Bag Hatoup, mais aussi des réductions sur tes hébergements avec par exemple 34 € offerts sur ta réservation GreenGo et -20 % sur ton adhésion HomeExchange, et bien sûr des réductions tout au long de l’année sur tes billets de train, avec en ce moment -25% sur tous les trajets Eurostar et -20% sur le Caledonian Sleeper pour rejoindre l’Écosse en train).

Issue du monde de la communication et des médias, Sophie est Responsable éditoriale chez HOURRAIL ! depuis août 2024. Elle est notamment derrière le contenu éditorial du site ainsi que La Locomissive (de l'inspiration voyage bas carbone et des bons plans, un jeudi sur deux, gratuitement dans ta boîte mail !).
Convaincue que les changements d’habitude passent par la transformation de nos imaginaires, elle s’attache à montrer qu’il est possible de voyager autrement, de manière plus consciente, plus lente et plus joyeuse. Son objectif : rendre le slow travel accessible à toutes et tous, à travers des astuces, des décryptages et surtout, de nouveaux récits.